Les accords de coopération entre partenaires fédéraux : entre ‘sources du droit’ et ‘soft law’ (Cooperation Agreements between Federal Partners: Between 'Sources of Law' and 'Soft Law')
dans Isabelle HACHEZ, Hugues DUMONT, François OST, Michel VANDEKERCHOVE, dir., Les sources du droit revisitées, Anthémis, Bruxelles, 2013, pp. 887-935.
49 Pages Posted: 14 Aug 2016
Date Written: July 12, 2016
Abstract
French Abstract: Alors que la doctrine belge semble avoir tenu pour acquise la qualification des accords de coopération en tant que source formelle du droit, ce travail vient nuancer ces propos en distinguant les accords qui peuvent proprement être caractérisés comme sources du droit positif de ceux qui ne peuvent surmonter le « seuil de juridicité ». La présente contribution se veut donc une étude des accords de coopération ayant une valeur normative claire, tout en offrant une réflexion sur le sort que la théorie du droit peut réserver aux accords n’ayant pas franchi ce seuil.
Dans une première partie, les auteurs tentent d’appliquer la grille de lecture de H.L.A Hart dans le but de déterminer si les accords de coopération adoptée en vertu de l’article 92 LSRI peuvent être décrits comme « source du droit ». Les auteurs suggèrent que l’article 92 LSRI est la règle de reconnaissance des accords de coopération et donc que les accords adoptés entre partenaires fédéraux doivent nécessairement suivre ses critères procéduraux pour être considérés des sources formelles du droit. Souvent, cela nécessite l’assentiment des assemblées législatives des partenaires, mais les accords traitant de matières relevant des pouvoirs exécutifs peuvent y échapper. Ces derniers seraient conçus comme contrat entre exécutifs (potentiellement comme norme réglementaire), mais sans aucun effet sur les tiers. Enfin, les auteurs posent un regard sur la validité de ces accords, leur place dans la hiérarchie des normes et le contrôle de ces accords par la section de législation du Conseil d’État et par les organes juridictionnels.
La seconde partie se concentre sur les accords de coopération ayant enfreint les règles de reconnaissance et les examine selon la typologie des sources de soft law élaborée par Isabelle Hachez, tout en offrant une réflexion sur la « force normative » de ces mêmes ententes. Les auteurs font la distinction entre les accords de coopération en attente de procédures d’adoption, des accords nécessitants mais qui n’ont pas fait l’objet d’assentiments législatifs et les ententes qui ne portent pas le titre d’« accord de coopération ». Quoique ces ententes soient au-delà du droit positif (souvent en marge de celui-ci et même parfois en opposition) et que leur statut soit incertain, les auteurs suggèrent que ces accords de coopération peuvent quand même constituer des sources du droit et sont dotés d’une grande effectivité.
English Abstract: While doctrinal writings in Belgium seem to have taken for granted the qualification of cooperation agreements as formal sources of law, this work qualifies that assumption by distinguishing the agreements that can properly be characterized as sources of positive law to those who cannot overcome the “juridicity threshold”. This contribution is therefore intended to study the cooperation agreements that have clear normative value, while offering a reflection on the fate the theory of law can reserve to those agreements that have not crossed that threshold.
In the first part, the authors attempt to apply H.L.A Hart’s reading grid for the purpose of determining whether the cooperation agreements adopted under Section 92 LSRI can be described as “sources of law”. The authors suggest that Section 92 LSRI is the rule of recognition for cooperation agreements, which means the agreements reached between federal partners must necessarily follow its procedural criteria to be considered formal sources of law. Often this requires the consent of the various legislative assemblies, but agreements dealing with matters falling within the purview of the executive branch may escape this mechanism. The latter agreements are perceived as contracts between the executives (potentially as regulatory standards), but with no effect on third parties. Finally, the authors discuss the validity of such agreements, their place in the hierarchy of norms and the review of these agreements by the Legislation Section of the Council of State and judicial bodies.
The second part looks at the cooperation agreements that have broken the rules of recognition and reviews the typology of the sources of soft law developed by Isabelle Hachez, while offering a reflection on the “normative force” of these agreements. They distinguish between cooperation agreements awaiting adoption procedures, agreements requiring but which have not been consented to by the various legislative assemblies and agreements that do not bear the title “cooperation agreements.” Although these agreements are beyond positive law (often on the margins of it and sometimes in opposition to it) and that their status is uncertain, the authors suggest that these cooperation agreements may still be sources of law and are endowed with great effectiveness.
Note: Downloadable document is in French.
Keywords: accords de coopération, cooperation agreements, fédéralisme belge, Belgian federalism, sources du droit, sources of law, soft law, HLA Hart, cour constitutionnelle, constitutional court, souveraineté parlementaire, parliamentary sovereignty, droit positif, positive law
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