L’enseignement islamique en Côte d’Ivoire: Espace de négociation entre Etat et musulmans (Islamic Education in Côte d’Ivoire: Space of Neogotiation between State and Muslim Community)

1 Pages Posted: 1 Oct 2013 Last revised: 7 Oct 2013

Date Written: September 18, 2013

Abstract

Le milieu du système éducatif en Côte d’Ivoire est fortement marqué par l’existence de deux types de formation : l’un formel et l’autre informel. L’éducation islamique, qui figure dans le second groupe, est comptée au nombre des institutions précurseurs du système éducatif du pays.

Relevant de l’autorité d’un individu ou d’une collectivité que d’un Etat, les établissements d’enseignements islamiques ont traversé le « temps ». Ils ont fait leur entrée sur la scène éducative sous la forme des écoles coraniques traditionnelles avant de connaître une mutation – medersas – sous l’administration coloniale.

En dépit de ce changement qui les rapprochait, par la forme, de la formation des écoles publiques, les établissements islamiques ont continué leur évolution sous la tutelle du Ministère de l’intérieur, même au lendemain de l’accession du pays à l’indépendance. Cette situation de marginalisation d’une frange importante de la jeunesse musulmane d’âge scolarisable allait conduire à la mise en place de structures associatives islamiques engagées dans la lutte pour la reconnaissance des écoles de cet ordre d’enseignement. Ces initiatives furent toutes sans succès. Toutefois, elles ouvraient la voie aux pourparlers entre l’Etat et les associations sous l’ère du multipartisme.

Avec le décloisonnement de la vie politique, le début de la décennie 1990 allait relancer le débat sur la problématique de l’enseignement islamique. Ainsi, sous la conduite du Conseil National Islamique (CNI), des négociations, engagées avec l’Etat, ont abouti à la signature d’une Convention sur l’enseignement islamique le 02 décembre 1993. Cette nouvelle disposition a donné la possibilité aux medersas de sortir de l’ornière et se hisser désormais au rang des écoles confessionnelles catholiques et protestantes. Mais plus d’une décennie après l’entrée en vigueur des dispositions de cette Convention, le visage que présente le système éducatif islamique est encore loin d’être reluisant.

Ce projet d’article intitulé : « L’enseignement islamique en Côte d’Ivoire : Espace de négociation entre Etat et musulmans » se veut être une base de réflexion non seulement sur ce type d’enseignement, mais aussi, sur les rapports entre religion et Etat.

In Ivory Coast, the educational system is strongly categorized by two kinds of training: one formal and the other informal. Islamic education, belonging to the second group, is numbered among the precursors of the country’s educational system.

Under the authority of individuals or communities rather than the State, Islamic educational establishments have persisted. They entered the educational scene as traditional Islamic schools or Dougoumakalan (in the Malinké language) before undergoing changes as medersas under the colonial administration.

In spite of such changes through which they have come to resemble the format of public schools, Islamic educational establishments have continued to progress since the country’s independence under the supervision of the Ministry of the Interior. Such a situation, marginalizing an important proportion of school age Muslim youth, would lead to the creation of Islamic associations. From 1954 to the decade beginning in 1980, several organizations including the national branch of Cultural Muslim Union (CMU), the Koranic Teachers Association (CTA) and the High Islamic Council (HIC) engaged themselves in the struggle for the recognition of Islamic schools. All those initiatives failed. However, they paved the way for talks between the government and the associations in the multiparty era.

With the liberalization of political life, the 1980s witnessed the renewal of the debate over the problem of Islamic education. Thus, under the aegis of the National Islamic Counsel (NIC), negotiations undertaken with government successfully led to the signing of an agreement concerning Islamic education on December 2, 1993. This new ruling allowed medersas to move out of the shadows and join the ranks of Catholics and Protestants denominational schools. However, more than a decade after implementation of this agreement, the appearance of the Islamic educational system appearance is still far from brilliant.

Note: Downloadable document is in French.

Keywords: History, Islam, Muslim, Education, Confessional school, Convention, Association

Suggested Citation

Binaté, Issouf, L’enseignement islamique en Côte d’Ivoire: Espace de négociation entre Etat et musulmans (Islamic Education in Côte d’Ivoire: Space of Neogotiation between State and Muslim Community) (September 18, 2013). Available at SSRN: https://ssrn.com/abstract=2327810 or http://dx.doi.org/10.2139/ssrn.2327810

Issouf Binaté (Contact Author)

Université Alassane Ouattara ( email )

BP V 18
Vallée du Bandama
Bouaké
Ivory Coast (Cote D'ivoire)

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