Droit privé: Un abus de langage? (Private Law: A Misnomer?)

H.Cyr & F. Chevrette, "Droit privé: un abus de langage?" in G. Bras Miranda & B. Moore, ed., Mélanges Adrian Popovici – Les couleurs du droit (Montréal: Thémis, 2010) 573-98

29 Pages Posted: 17 Dec 2013 Last revised: 2 Aug 2017

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Hugo Cyr

University of Quebec at Montreal

Francois Chevrette

University of Montreal - Faculty of Law

Date Written: 2010

Abstract

Notre propos n’a rien de linguistique ni de terminologique : il vise plutôt à montrer le caractère essentiellement social et relationnel de la règle de droit civil. Le droit civil contemporain se construit principalement sous la forme juridique relationnelle droit/obligation ou créancier/débiteur, forme conçue comme moyen de prémunir les sujets de droit contre les dangers d’exploitation et de violence.

Dans une première partie, nous tenterons d’illustrer le caractère social et relationnel du droit privé à l’aide de deux importantes fonctions du droit civil, à savoir l’assignation des rôles d’une part et l’allocation des ressources d’autre part. Une seconde partie utilisera, aussi à titre d’exemple, deux institutions du droit civil qui, en première analyse, ne semblent pas concorder en tous points avec la problématique suggérée ici et à propos desquelles nous nous demanderons si elles en sont vraiment des contre-exemples. Il s’agit de l’enrichissement injustifié et de la libéralité.

Cette étude nous permettra aussi de démontrer que si le droit civil contemporain est construit principalement sous la forme juridique relationnelle droit/obligation, il est traversé d’une tension conceptuelle lorsqu’il s’agit d’aborder les réalités familiales. Le couple droit/obligation qui doit servir à limiter les dangers d’exploitation et de violence n’est pas capable de saisir l’acte d’amour ou de sacrifice sans lui faire perdre son caractère propre. Cet acte doit nécessairement s’exprimer en dehors de la forme juridique droit/obligation. On aurait peine à prendre au sérieux quelqu’un qui dirait aimer par obligation. L’obligation ne représente pas l’élan du cœur. Mais puisque l’amour et le sacrifice refusent de se mouler dans le rapport droit/obligation, le droit civil peut avoir du mal à déterminer si l’on est en présence d’un acte d’amour ou de sacrifice de l’un des partenaires ou d’un acte d’exploitation et de violence de la part de l’autre. Le droit civil tend donc à intervenir uniquement après avoir traduit la dynamique normative qui était en place au sein de l’unité familiale en termes socialement compréhensibles de droit/obligation. La forme juridique du « droit privé » contemporain semble donc incapable de saisir les rapports les plus intimes des individus sans préalablement les socialiser.

This paper is not about the proper use of the terms “private law”. Rather, we aim at demonstrating the essentially social and relational character of contemporary civil law. At the heart of civil law’s conceptual apparatus is the “right/obligation” juridical form. This translates into civil law’s main characters who are the “creditor” and the “debtor”. The “right/obligation” juridical form is imagined as protecting individuals against the dangers of exploitation and violence.

In the first part of this paper, we illustrate the social and relational character of private law through the examination of two important functions of civil law: the construction of legal identities through legal statuses, and allocation of resources. The second part of this article will examine two domains of civil law that may, at first sight, appear to go against our characterisation of private law as being constructed upon the “right/obligation” juridical form: unjust enrichment and liberalities.

While contemporary civil law is mainly built upon the “right/obligation” juridical form, it is shot through with a deep conceptual tension when dealing with family matters. The conceptual couple of “right/obligation” that is supposed to protect law’s subjects against exploitation and violence cannot make sense of sacrifice and love. Acts of sacrifice and love can only make sense outside of the logics of rights and obligations. Civil law thus has a hard time distinguishing an act of love and sacrifice towards one partner, from an act of exploitation and violence by the other. Thus, civil law only intervenes between the members of a family unit after having “translated” the normative dynamics involved into the socially understandable terms of “rights/obligations”. Contemporary “private law” thus seems incapable of capturing the most intimate relations of individuals without first socialising them.

Note: Downloadable document is in French.

Keywords: private law; legal status; distributive justice; corrective justice; unjust enrichment; liberalities; family law

Suggested Citation

Cyr, Hugo and Chevrette, Francois, Droit privé: Un abus de langage? (Private Law: A Misnomer?) (2010). H.Cyr & F. Chevrette, "Droit privé: un abus de langage?" in G. Bras Miranda & B. Moore, ed., Mélanges Adrian Popovici – Les couleurs du droit (Montréal: Thémis, 2010) 573-98, Available at SSRN: https://ssrn.com/abstract=2368668

Hugo Cyr (Contact Author)

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Francois Chevrette

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