Incidences De La Crise Économique Mondiale De 2008/09 Et Des Options De Politiques De Réponse Sur La Pauvreté Des Enfants AU Cameroun (Implications of the 2008/09 World Economic Crisis and Policy Options for Responding to Child Poverty in Cameroon)

PEP working paper serie 2010-15

61 Pages Posted: 12 Jul 2018

See all articles by Christian Arnault Emini

Christian Arnault Emini

University of Yaounde II

Paul Ningaye

University of Dschang

Sami Bibi

Université Laval - Département d'Économique

John Cockburn

Partnership for Economic Policy (PEP); Université Laval; Partnership for Economic Policy (PEP)

Ismael Fofana

Université Laval - Département d'Économique

Luca Tiberti

Université Laval

Date Written: Septembre 01, 2010

Abstract

French Abstract: Cette étude vise, d’une part, à explorer les effets potentiels de la crise économique mondiale de 2008/09 sur la pauvreté des enfants au Cameroun. D’autre part, elle a pour but d’explorer les effets potentiels, sur cette même population-cible, des politiques qui seraient prises en réponse à ladite crise. Pour ce faire l’étude utilise une approche méthodologique top/down où, dans un premier temps, un modèle d’équilibre général calculable (EGC) de dynamique récursive est employé pour simuler les divers scénarios de crise économique et de politiques de réponse à la crise, en prenant en compte les différents canaux de transmission de la crise mondiale à l’économie camerounaise. Par la suite, les résultats produits par le modèle EGC sont utilisés dans un module micro-économétrique afin d'évaluer l’incidence des chocs simulés, sur les ménages en général et les enfants en particulier.

Cinq dimensions de pauvreté des enfants sont examinées: la pauvreté monétaire; la pauvreté calorique; le taux de scolarité et/ou de participation des enfants au travail; enfin, l’accès des enfants aux soins de santé. L’étude montre que la crise engendrait une augmentation de 1,05% du nombre d’ enfants pauvres en termes monétaires en 2008, de plus de 4% en 2009, 2010 et 2011, comparativement à la situation où elle ne serait pas survenue. Par rapport à cette même situation de référence, les simulations suggèrent que la crise augmenterait le nombre d’enfants pauvres sur le plan calorique de 0,56% en 2009, 1,08% en 2010 et de 1,60% en 2011, et influencerait négativement bien que légèrement la scolarité et l’accès des enfants aux soins de santé.

Quatre politiques alternatives de réponse à cette crise sont simulées: une réduction de la TVA prélevée sur la vente des produits alimentaires; une suppression des droits de douane appliqués sur les importations de produits alimentaires; la gratuité de l’inscription des enfants de moins de 15 ans aux cantines scolaires dans les districts où le taux de pauvreté monétaire est supérieur au taux national; l’octroi de transferts en espèces aux ménages dont les enfants sont pauvres. Ces mesures, avec un cout respectif équivalent à 1%, 0,4%, 0,19% et 1% du PIB d’avant-crise au Cameroun, sont financées soit par l’aide internationale, soit par une ponction des réserves extérieures de l’Etat.

Il ressort des simulations qu’en termes de réduction de la pauvreté, l’octroi des transferts en espèces se révèle comme étant la plus efficace des quatre politiques de réponse susmentionnées, bien que cette politique soit la plus inefficace de toutes pour améliorer le taux de croissance du PIB réel. Au plan national, la politique des transferts en espèces annihile intégralement l’augmentation des pauvretés monétaire et calorique due à la crise, durant toute la période d’étude. Qui plus est, elle entraîne une baisse sensible de ces deux types de pauvreté, comparativement aux niveaux de prévalence respectifs de ceux-ci dans la situation où la crise ne serait pas survenue. Par ailleurs, les effets des transferts sur le plan de la scolarité, de la participation des enfants au travail et sur l’accès de ces derniers aux soins de santé sont globalement meilleurs bien que légers. Derrière la politique des transferts en espèces, celle de la subvention des cantines scolaires, avec pourtant un coût relativement bas, donne aussi une réponse considérablement bénéfique face à la crise, surtout sur le plan de la pauvreté calorique; tandis que les deux autres politiques s’avèrent inefficaces, quelle que soit la dimension de la pauvreté considérée.

English Abstract: This study aims, on the one hand, to explore the potential effects of the global economic crisis of 2008/09 on child poverty in Cameroon. On the other hand, it aims to explore the potential effects on the same target population of the policies that would be taken in response to the crisis. To do this the study uses a top / down methodological approach where, as a first step, a computable general equilibrium (CGE) model of recursive dynamics is used to simulate the various scenarios of economic crisis and response policies. crisis, taking into account the different channels of transmission of the global crisis to the Cameroonian economy. Subsequently, the results produced by the EGC model are used in a micro-econometric module to assess the impact of simulated shocks on households in general and children in particular.

Five dimensions of child poverty are examined: monetary poverty; caloric poverty; the school attendance and / or participation rate of children at work; and finally, children's access to health care. The study shows that the crisis created a 1.05 per cent increase in the number of child poverty in monetary terms in 2008, by more than 4 per cent in 2009, 2010 and 2011, compared to the situation where it would not have occurred. Compared to this same reference situation, the simulations suggest that the crisis would increase the number of children who are poor in terms of calories by 0.56% in 2009, 1.08% in 2010 and 1.60% in 2011, and would have a slightly negative impact, although slightly, on schooling and children's access to health care.

Four alternative policies to respond to this crisis are simulated: a reduction in VAT levied on the sale of food products; elimination of tariffs on food imports; free registration of children under 15 in school canteens in districts where the rate of monetary poverty is higher than the national rate; providing cash transfers to households whose children are poor. These measures, with a respective cost equivalent to 1%, 0.4%, 0.19% and 1% of pre-crisis GDP in Cameroon, are financed either by international aid or by a drain of external reserves. of State.

Simulations show that in terms of poverty reduction, the provision of cash transfers is proving to be the most effective of the four response policies mentioned above, although this is the most inefficient policy of all to improve the rate of return. real GDP growth. At the national level, the cash transfer policy completely annihilates the increase in monetary and caloric poverty due to the crisis, throughout the study period. Moreover, it leads to a significant decline in both types of poverty, compared to their respective prevalence levels in the situation where the crisis did not occur. Moreover, the effects of transfers on schooling, children's participation in work and their access to health care are generally better, albeit slight. Behind the policy of cash transfers, that of the subsidy of school canteens, yet with a relatively low cost, also gives a considerably beneficial response to the crisis, especially in terms of caloric poverty; while the other two policies are ineffective, regardless of the dimension of poverty considered.

Keywords: crise économique globale, pauvreté des enfants, faim, scolarité, travail des enfants, santé, Afrique de l’Ouest et du Centre, Cameroun, protection sociale

Suggested Citation

Emini, Christian Arnault and Ningaye, Paul and Bibi, Sami and Cockburn, John and Fofana, Ismael and Tiberti, Luca, Incidences De La Crise Économique Mondiale De 2008/09 Et Des Options De Politiques De Réponse Sur La Pauvreté Des Enfants AU Cameroun (Implications of the 2008/09 World Economic Crisis and Policy Options for Responding to Child Poverty in Cameroon) (Septembre 01, 2010). PEP working paper serie 2010-15. Available at SSRN: https://ssrn.com/abstract=3171055 or http://dx.doi.org/10.2139/ssrn.3171055

Christian Arnault Emini (Contact Author)

University of Yaounde II ( email )

Yaounde
Cameroon

Paul Ningaye

University of Dschang ( email )

Cameroon

Sami Bibi

Université Laval - Département d'Économique ( email )

2325 Rue de l'Université
DeSeve
Quebec Canada, QC G1K 7P4
Canada

John Cockburn

Partnership for Economic Policy (PEP) ( email )

P.O. Box 30772-00100
ICIPE - Duduville Campus, Kasarani
Nairobi
Kenya

Université Laval ( email )

Dept. of Economics
Québec, Quebec G1V 0A6
Canada

Partnership for Economic Policy (PEP) ( email )

Duduville Campus, Kasarani
P.O. Box 30772-00100
Nairobi
Kenya

Ismael Fofana

Université Laval - Département d'Économique ( email )

2325 Rue de l'Université
Ste-Foy, Quebec G1K 7P4 G1K 7P4
Canada

Luca Tiberti

Université Laval ( email )

2214 Pavillon J-A. DeSeve
Quebec, Quebec G1K 7P4
Canada

Register to save articles to
your library

Register

Paper statistics

Downloads
3
Abstract Views
81
PlumX Metrics